Comment lancer un projet photo près de chez soi ?
Déjà quinze jours dans cette nouvelle année, il n’est pas encore trop tard pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2026. Chaque nouvelle année est l’occasion de prendre de « bonnes résolutions » pour l’année à venir. Je vais être honnête avec vous : je ne suis pas un grand fan de ces résolutions de nouvelle année. Vous ne serez pas surpris si je vous dis que 50 % des personnes abandonnent leurs bonnes résolutions dès le 1er février. Et puis, les bonnes résolutions devraient être prises constamment et sur le long terme pour avoir un effet visible sur le corps et l’esprit : mieux vaut ne pas en prendre que de les abandonner.
Personnellement, je préfère me fixer un objectif pour l’année. Si vous avez vu ma première vidéo de l’année, pour 2026, je vais réaliser le tour de l’île d’Oléron à pied : 105 kilomètres que je vais documenter en photographiant tout au long du chemin. Si le projet peut paraître ambitieux, il a été longuement réfléchi depuis maintenant deux ans. Il est important que votre projet soit réalisable. Moi, l’homme des plaines, je ne vais pas entreprendre, sur un an, de monter le Mont-Blanc par exemple : j’aurais besoin de beaucoup d’entraînement en montagne et de temps que je ne possède pas. En revanche, marcher 21 km par jour pendant cinq jours, c’est à ma portée, moi qui ai déjà réalisé cela sur deux ou trois jours. Difficile, mais atteignable.
Alors vous qui êtes photographe, je vous propose une idée de projet pour cette nouvelle année : photographier un tout nouvel endroit près de chez vous. J’ai souvent lu, dans certains commentaires sous mes vidéos, vos difficultés à trouver des paysages photogéniques autour de chez vous. Croyez-en mon expérience, les opportunités sont probablement nombreuses. J’avais ce même sentiment lorsque je suis arrivé dans le sud de l’Île-de-France : vingt-huit ans plus tard, je peux vous dire que j’avais tout faux.
Si ce projet vous tente, je vais vous donner quelques astuces. L’une des raisons qui peut vous faire abandonner un projet est cette résistance intérieure : il fait trop froid, la lumière n’est pas bonne, vous n’avez pas le temps, vous allez perdre votre temps, il n’y a rien à voir… Cela tombe bien, la première phase peut se faire depuis votre canapé, au coin du feu : la documentation. La presse locale, les bulletins de région ou de communauté de communes sont de bonnes sources pour savoir ce qui se passe dans la région. Il y a ensuite Internet, ainsi que toutes les applications de cartes topographiques et de randonnée. Pour sélectionner un endroit, j’essaie souvent de repérer les points d’eau : ils sont toujours synonymes de brouillard parfois, de givre et de glace souvent en hiver, de fleurs et de verdure au printemps, de couleurs d’automne… À vous de trouver votre centre d’intérêt.
Une fois que vous avez identifié un endroit potentiel, il va falloir vous y rendre. Si vous avez peur que cette résistance intérieure vous arrête à nouveau, choisissez un jour de soleil d’hiver pour votre première visite. Une fois la peur du froid éliminée, en hiver, le paysage est à nu et plus facile à lire. Explorez aussi léger que possible, avec votre téléphone uniquement, ou peut-être votre appareil et un seul objectif : le but n’est pas de faire des photos, mais de lire le paysage. Prenez des images, notez l’orientation pour pouvoir programmer plus tard vos sorties au lever ou au coucher du soleil. Bref, c’est le moment du repérage.
La troisième phase se fera de nouveau à la maison, en relisant vos notes et en regardant vos images pour préparer les prochaines sorties. Là encore, vous aurez peut-être envie de changer d’endroit parce que vous n’avez rien vu de particulièrement intéressant. C’est normal : c’était l’hiver, et le paysage va changer. C’est ici que vos notes vont devenir utiles et que votre curiosité et votre imagination vont entrer en jeu. C’est le moment d’en apprendre davantage sur le paysage grâce à Internet : quels arbres sont présents ? Quand les feuilles vont-elles apparaître ? Produisent-ils des fleurs ? Comment était le couvert végétal ? Des fleurs peuvent-elles y pousser ? Et bien sûr, étudiez les périodes d’ensoleillement.
Avec l’avancement de votre projet, vous ressentirez moins de résistance, plus de plaisir et davantage d’envie de continuer. Si les deux premiers mois sont cruciaux, inutile de se précipiter : la seule chose dont vous devez vous convaincre, c’est que c’est faisable et que cela sera instructif. L’objectif, en fin d’année, n’est pas d’avoir l’image de référence, mais d’avoir découvert son environnement proche, d’avoir construit une bibliothèque d’images qui s’améliorera au fil des années, et d’avoir identifié de nouveaux lieux que vous aurez envie d’explorer par la suite.
Si ce projet vous tente, je travaille sur une vidéo fin janvier dans laquelle je me rendrai dans un nouvel endroit proche de chez moi. Après plusieurs sorties dans un même lieu, il sera intéressant d’aller dans un endroit complètement inconnu. D’ici là, je vous laisse faire vos recherches, bien au chaud, pour trouver quel sera cet endroit pour vous.