Et si cet automne, vous changiez tout sauf le lieu ?

L'été a mis à rude épreuve notre pratique de la photographie, tellement la saison a remodelé le paysage. Alors plus que jamais, j'ai hâte que l'automne arrive et remette un peu de variété de couleurs dans le paysage, et bien sûr un peu plus d'humidité aussi.

La tentation serait grande de répéter pour améliorer les images prises les années précédentes. Mais cet automne ne sera pas le même que les années précédentes : plus précoce, avec des arbres et une végétation de sous-bois fortement marqués par la sécheresse estivale. C'est probablement le moment idéal pour revisiter des lieux familiers et les photographier autrement.

Revisiter des endroits connus est une excellente pratique en photographie pour continuer à améliorer des images déjà prises. Mais c'est aussi l'occasion de se fixer de nouveaux objectifs et de nouvelles contraintes. Cet automne sera différent, mes images aussi — et si les vôtres l'étaient tout autant ?

Changer de focale

Les possibilités sont nombreuses, à commencer par la focale. Je vous ai souvent dit que mon 24-70mm est mon couteau suisse pour photographier en forêt. Et si vous le laissiez à la maison, cet automne, pour ne sortir qu'au grand-angle ? C'est probablement la focale la plus contraignante à utiliser dans un environnement restreint, tant elle intègre d'éléments dans le cadre : l'occasion parfaite de travailler sa composition.

À l'inverse, comme évoqué au printemps avec le 105mm, pourquoi ne pas partir avec une focale plus longue, comme mon 70-200mm ? La grande focale isole un élément du paysage et exerce le sens de l'observation. Ces deux approches sont d'ailleurs plus simples à mettre en œuvre dans un lieu connu que dans un environnement nouveau : autant en profiter.

Jouer avec le diaphragme

Une seconde option consiste à jouer avec le diaphragme. Même si je fais de moins en moins de focus stack, j'utilise souvent des diaphragmes fermés, f/10 et plus. Alors pourquoi ne pas essayer des ouvertures inférieures à f/5,6, et créer un bokeh qui laisse place à l'imagination du spectateur ? De quoi apporter un peu de mystère dans un environnement familier.

Tenter le noir et blanc

Je l'évoquais au début : la grande inconnue de cet automne est la variété des couleurs restantes. Alors pourquoi ne pas essayer le noir et blanc ? Ce n'est pas le réflexe le plus intuitif en photographie de nature. Mais la végétation sèche et les arbres encore un peu verts offrent un contraste suffisant pour s'y risquer. J'en avais parlé dans une vidéo en août : en photographiant en RAW, vous pouvez toujours faire la prise de vue en noir et blanc et revenir à la couleur sur l'ordinateur si le résultat ne vous convainc pas. Fini le temps de la pellicule, où le choix était définitif : alors pourquoi ne pas prendre ce risque calculé ?

Observer la lumière à différents moments

La photographie, c'est avant tout la lumière, et puisqu'elle est différente et changeante entre le matin et le soir, pourquoi ne pas revisiter vos lieux familiers à différents moments de la journée? Ce qui était à l'ombre passe au soleil, et inversement. Les volumes se dessinent différemment, et certains détails jusqu'ici cachés se dévoilent, invitant à un regard neuf. Le défi est aussi intéressant du point de vue de l'exposition, avec une plage dynamique qui peut être particulièrement large.

Alors ne sous-estimez pas vos lieux familiers : il serait erroné de croire qu'un endroit visité à plusieurs reprises n'apportera pas d'images nouvelles. La palette des possibilités qui s'offre à vous est plus large que vous ne le pensez — de quoi faire de ce lieu connu un nouveau terrain de jeu.

Suivant
Suivant

L'été, saison de patience